La classification des roches volcaniques repose sur plusieurs critères. En premier lieu, l'observation à l'œil nu des roches conduit à utiliser une classification basée sur leur faciès. Mais il existe également une classification  minéralogique (d'après les minéraux contenus dans les produits volcaniques), chimique (d'après le chimisme des laves) ou génétique (d'après le mode de mise en place).

 

LA CLASSIFICATION   D'APRÈS LE FACIÈS 

L'observation des roches à l'œil nu permet de distinguer deux grands groupes de faciès  

  Les roches d'aspect massif

Les roches d'aspect bréchique : elles sont aussi appelées roches volcanoclastiques. 

Ces dernières sont constituées exclusivement ou en partie de particules d'origine volcanique dont le mode de fragmentation est lié ou non à l'activité volcanique. on distingue cinq catégories principales de particules volcanoclastiques : les pyroclastes, les hydroclastes, les autoclastes, les alloclastes et les épiclastes.

Les pyroclastes : ce sont les plus communes. Leur formation résulte de l'expansion rapide d'un magma qui se désintègre lors d'un dégazage. Ce sont donc des fragments de verres, de cristaux ou de roches produits au cours d'éruptions volcaniques explosives.

Les hydroclastes : comme leur nom l'indique, ils proviennent de l'interaction d'un magma avec l'eau de surface (aquifère, lac, eau de mer, glace). La grande différence de température entraîne une trempe très rapide du magma qui ne permet pas une vésiculation importante.

Les autoclastes : ces particules volcanoclastiques proviennent de la fragmentation par friction qui se produit au sein d'une coulée de lave.

les alloclastes : ces produits sont  formés en profondeur par fragmentation de roches volcaniques préexistantes au cours de processus ignés, en relation ou non avec une intrusion de magma.

Les épiclastes : ce sont des cristaux ou des fragments lithiques qui dérivent de n'importe quel type de roche préexistante par altération et érosion.

 

Processus EXPLOSIF EFFUSIF SÉDIMENTAIRE
Mode de fragmentation PYROCLASTIQUE

 

HYDROCLASTIQUE

EXPLOSIF

HYDROCLASTIQUE

EFFUSIF

AUTOCLASTIQUE  EPICLASTIQUE
Produits pyroclastes hydroclastes hyaloclastes autoclastes épiclastes
Mécanisme vésiculation explosive interactions magma-eau granulation thermique (trempe) friction érosion altération
Facteurs chimisme du magma, température, teneur en fluides juvéniles présence d'eau non juvénile, rapport Veau/Vmagma faible. présence d'eau non juvénile, rapport Veau/Vmagma fort. viscosité de la lave, température. climat, nature du matériel.





LA CLASSIFICATION MINÉRALOGIQUE

Il est possible d'établir la classification et la nomenclature des roches cristallines microgrenues en considérant les proportions en minéraux d'après le diagramme QAPF (Streckeisen, 1978).

Q = Quartz

A = Feldspath alcalin

P = Plagioclase

F = Feldspathoïde.

 

 

NOMS

PHÉNOCRISTAUX

MATRICE

Basalte

olivine, clinopyroxène, magnétite, (ilménite) olivine, clinopyroxène, magnétite, ilménite, plagioclase, apatite, feldspathoïde

Basanite

olivine, clinopyroxène, magnétite olivine, clinopyroxène, magnétite, feldspathoïde, (amphibole, biotite, feldspath)

Trachybasalte

Hawaïte, Leucobasalte, Labradorite Basalte demi-deuil

clinopyroxène, plagioclase, apatite, amphibole, magnétite, ilménite, (olivine)

clinopyroxène, plagioclase, magnétite, ilménite, olivine, apatite, feldspath, amphibole

Trachyandésite basaltique

Mugéarite, Doréite,   Trachyandésite mésocrate

clinopyroxène, plagioclase, amphibole, apatite, magnétite, ilménite, (feldspath, biotite, orthopyroxène) clinopyroxène, plagioclase, magnétite, ilménite, apatite, feldspath

Trachyandésite

Benmoréite, sancyite, Trachyandésite leucocrate, Latite

plagioclase, feldspath, clinopyroxène, amphibole, biotite, apatite, magnétite, ilménite, (orthopyroxène) clinopyroxène, plagioclase, magnétite, ilménite, apatite, feldspath, (quartz)

Trachyte

Dômite

feldspath, biotite, clinopyroxène, plagioclase, amphibole, apatite, magnétite, ilménite, sphène, zircon, (orthopyroxène) feldspath, biotite, clinopyroxène, plagioclase, magnétite, ilménite, apatite, (quartz)

Rhyolite

feldspath, clinopyroxène, magnétite, ilménite, plagioclase, (amphibole, biotite, sphène) feldspath, plagioclase, clinopyroxène, apatite, amphibole, quartz, zircon

Téphrite

Ordanchite

clinopyroxène, plagioclase, amphibole, magnétite, haüyne, apatite, (feldspath) clinopyroxène, plagioclase, magnétite, apatite

Trachyphonolite

Phonolite subalcaline, phonolite miaskitique

feldspath, plagioclase, clinopyroxène, amphibole, haüyne, noséane, sodalite, zircon, sphène, magnétite feldspath, feldspathoïde, apatite, clinopyroxène, amphibole, biotite, plagioclase

Phonolite

Phonolite agpaïtique, Phonolite hyperalcaline

feldspath, clinopyroxène, sodalite, analcime, néphéline, plagioclase, amphibole feldspath, apatite, clinopyroxène, amphibole, plagioclase, néphéline, analcime




LA CLASSIFICATION CHIMIQUE

 Il est également possible de classer les roches volcaniques suivant leur teneur en silice. On distingue ainsi les roches acides qui contiennent plus de 63 % de SiO2, les roches basiques avec une teneur en SiO2 inférieure à 52 %

Les roches sursaturées en silice sont celles qui contiennent du quartz ou présentent une texture vitreuse ou aphyrique avec un excès de silice.                                                                

A l'inverse, les roches sous-saturées sont celles contenant un ou plusieurs feldspathoïdes (néphéline, leucite).



LA CLASSIFICATION GÉNÉTIQUE

Enfin, les dépôts volcaniques peuvent s'associer à différentes catégories de modes éruptifs. Ces associations recoupent la classification fondée sur les divers types d'écoulements volcaniques possibles. On ne retiendra ici que trois principaux types: les éruptions pliniennes, les éruptions stromboliennes et les éruptions phréatiques.

  les éruptions PLINIENNES 

Ce sont les plus spectaculaires. A la sortie de la bouche éruptive, le magma est pulvérisé en fragments et les gaz forment un jet dont la vitesse peut atteindre jusqu'à 300 m/s. La colonne éruptive monte à de hautes altitudes dans l'atmosphère, le mélange volcanique s'étend latéralement tandis que les fragments de magmas retombent en pluie sur le sol. Au cours de leur chute, la traversée de l'atmosphère froide va figer ces produits qui deviennent des pierres poreuses appelées ponces. Au fur et à mesure que l'on s'éloigne du centre d'émission du magma, l'épaisseur d'un dépôt plinien décroît. Les éruptions pliniennes se muent souvent en coulées pyroclastiques par effondrement de la colonne éruptive; c'est pour cela qu'il convient plus de parler de phase plinienne d'une éruption.

          les éruptions stromboliennes

Ils se manifestent par des fontaines de lave contenant des fragments denses de basalte qui restent accumulés autour du centre d'émission et forment des laves massives. Les explosions Stromboliennes caractérisent également ces volcans basaltiques avec des débits de lave très faibles. Les explosions sont dans ce cas dues à de volumineuses poches de gaz volcanique qui éclatent à la surface de la colonne de lave.

les éruptions PHRÉATIQUES

La rencontre de magma et d'une nappe phréatique provoque la vaporisation explosive de l'eau. Ce phénomène s'il est assez violent conduit à la formation de cratères d'explosions circulaires de quelques centaines de mètres de diamètre et quelques dizaines de mètres de profondeur. Ces cratères sont généralement bordés par les produits des explosions qui comprennent des fragments arrachés du sous-sol et quelquefois du magma frais. Lorsque l'éruption cesse après la phase maar, un lac circulaire s'installe dans le cratère du maar (Gour de Tazenat, Lac Pavin...). Si l'éruption continue par la sortie de lave, le maar peut être occupé par un lac de laves ( Puys de Pariou et de la Nugère...), des cônes de scories ( Puys de Beaunit ou de la Rodde), un dôme (Sarcoui) ou la protrusion d'une aiguille (Puy Chopine, Cratère Kilian) – exemples cités pris dans la chaîne des Puys. Un diatrème est la partie profonde d’un maar.

 

 

 

 

 

 

1 - explosion profonde.
2 - colonne explosive maintenue sous pression dans un conduit cylindrique.
3 - déferlante basale.
4 - la colonne éruptive s'élève verticalement mais son manchon externe décomprimé s'écroule, engendrant autour de l'orifice une déferlante basale horizontale.
5 - projectiles balistiques.
6 - obstacle (volcan antérieur) bloquant la progression de la déferlante.
7 - zone dite "à l'ombre".