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Brèches de Rochechouart        

Trois types de brèches,
témoins de l'impact de météorite de Rochechouart

bulletbrèches polygéniques de retombée
bulletbrèches monogéniques de dislocation
bulletbrèches hydrothermales

bulletBrèches polygéniques de retombée
les éléments sont constitués de roches diverses et parfois de verre, liés par un ciment naturel de composition variable. Elles ressemblent à du béton.
1 -Type Babaudus
Situées au cœur de l'astroblème, ces brèches se distinguent par un ciment très abondant, composé de verre et englobant de petits fragments de roches diverses plus ou moins fondus ou même partiellement vaporisés. Les analyses chimiques révèlent des teneurs anormalement élevées d'une part en potassium (K2O = 10,2 % en moyenne) et d'autre part en chrome et nickel, métaux qui ne peuvent provenir que de la météorite elle-même.

1a -faciès riche en bulles

Les bulles ou vacuoles proviennent de la vaporisation de minéraux ou de parties de roches ; cette vaporisation prouve que la température a atteint plusieurs milliers de degrés dans la zone d'impact
vue microscopique du faciès 1b
1b - faciès à ciment vitreux, sans bulle
Le verre provenant de la fusion de roches cristallines se moule autour de fragments de roches, constitués dans ce cas de gneiss gris
2 - Type Montoume
Ces brèches, également riches en verre, se distinguent de celles du type Babaudus par :

- leur position à l'extrémité sud de l'astroblème, comme le montrent la carte et la coupe géologiques
- leur teinte rouge due à une forte contamination en fer provenant sans doute en partie de la météorite
- la nature mixte du ciment, composé à la fois de verre, de poussières et de fins débris de roches
- une plus grande abondance et une plus grande taille des fragments, constitués d'une part de roches et d'autre part de verre provenant du centre du cratère
.

3 - Type Chassenon
Situées à l'extrémité nord de l'astroblème, ces brèches se distinguent par la présence de petits débris de verre de teinte verte, plus ou moins abondants selon les endroits. Le ciment est purement clastique.

photo des thermes gallo-romains de Chassenon

4 - Type Rochechouart
De loin le plus abondant et situé sous les types précédents, ce type est caractérisé par l'absence ou l'extrême rareté du verre. Il est constitué de fragments de roches diverses de taille très variable - du mètre au millimètre - dans un ciment purement clastique, c'est à dire formé uniquement de poussières et fins débris de roches.

bulletBrèches monogéniques de dislocation

Peu ou pas déplacées, elles sont constituées de fragments d'un seul type de roche cristalline et d'un ciment formé de la même roche finement broyée.


exemple de brèche monogénique (ou monolithologique) formée aux dépens d'une amphibolite, c'est à dire d'une roche métamorphique résultant de la lente transformation d'un ancien basalte ; ce métamorphisme régional, antérieur à l'impact, est dû à une augmentation de température et de pression au cours de la formation de la chaîne varisque (ou hercynienne), pendant l'ère primaire.

Vue microscopique :
" quartz choqué " caractérisé par la présence de plans de dislocation très fins et très rapprochés que les spécialistes qualifient de PDFs : planar deformation features (éléments de déformation planaire)

Ce phénomène de "quartz choqué", spécifique des gros impacts de météorite, apparaît pour une pression supérieure à 200 kb, ce qui équivaut en pression statique à une colonne d'eau d'au moins 2000 km de haut, puisqu'une colonne d'eau de 10 m de haut exerce une pression statique d'environ 1 bar.

Ces " quartz choqués " ne sont visibles qu'au microscope, en lames minces. Ils se trouvent, de façon sporadique, dans des brèches de dislocation situées dans la partie centrale de l'astroblème et, plus rarement, dans des débris de roches au sein des différents types de brèches de retombée.

Leur présence a été la clé qui a permis à François Kraut de résoudre, en 1967, l'énigme géologique que les brèches de la région de Rochechouart - Chassenon posaient depuis 1808, année de la première référence écrite, publiée dans la " Statistique de la France publiée au nom de Sa Majesté - l'Empereur et Roi - Département de la Haute-Vienne - Paris, 1808 "

bulletBrèches hydrothermales
caractérisées par un ciment constitué de minéraux hydrothermaux (quartz, carbonates, sulfures...), elles sont bien exposées dans la carrière de Champagnac où elles sont étroitement associées à des mylonites d'aspect vitreux, appelées pseudotachylites

brèche hydrothermale à éléments de lamprophyre (roche éruptive filonienne)

veine de pseudotachylite entre un granite rose à grain fin et une brèche hydrothermale à éléments de granodiorite

 


retour à la vue macroscopique du faciès
vue microscopique du faciès 1b (type Babaudus)
Le verre renferme des traînées brunâtres constituées d'oxydes de fer, une grande partie de ce fer provenant sans doute de la météorite ; dans le fragment les taches noires - opaques au microscope - sont des biotites (micas noirs) transformées en limonite (oxyde de fer) par le métamorphisme de choc

Chassenon : Thermes gallo-romains construits avec les brèches de type Chassenon

Le sanctuaire rural de Cassinomagus - l'actuelle Chassenon en Charente - atteignit son apogée au IIe siècle après Jésus-Christ. C'était un lieu de rassemblement à vocations multiples : religieuse, curative et économique. Les thermes sont dans un état de conservation exceptionnel et font l'objet de visites guidées.