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| Plage
de l'Espiguette : plan de situation des travaux |
Une caractérisation minéralogique
des sables a permis didentifier les différents minéraux constitutifs de ceux-ci
(cortège minéralogique typique du démantèlement de chaînes de montagnes anciennes) et
plus particulièrement, les porteurs des éléments chimiques émetteurs de rayonnements
gamma. Il sagit pour lessentiel dun alumino-phosphate de Terres Rares
(crandallite), minéral naturel de la famille des monazites, riche en Thorium et Uranium,
dune part et de rares zircons (minéral riche en Uranium) dautre part. Ces
minéraux font partie du cortège habituel des minéraux " lourds "
issus de laltération de roches présentes en France (Massif Central, Alpes). Ils
sont extraits des sols par érosion, transportés par les cours deau jusquà
la mer puis se déposent en domaine marin.
Les spectrogrammes gamma réalisés par la
société ALGADE confirment que les émetteurs de radioactivité sont dorigine
naturelle . Ils permettent en effet de caractériser lensemble des émetteurs gamma
de la chaîne de désintégration naturelle de lUranium 238 et du Thorium 232.
Le rapport entre U238 et Ra226 à
léquilibre, démontre que lensemble des radioéléments sont bien issus de la
désintégration de lUranium 238, sans apport exotique. Le déséquilibre entre
Ra226 et Pb210 sexplique par le départ du Radon (gaz) des réseaux cristallins des
minéraux. Ce gaz est le produit de la désintégration naturelle du radium.
Le rapport entre U238 et U235, faible, illustre un
excès dU235 dont le porteur nest pas identifié.
Lensemble des résultats énoncés corrobore
ceux obtenus par lIPSN
(Institut de protection et de sûreté nucléaire) et lOPRI (Office de protection contre les rayonnements ionisants).
Origine des minéraux
Les analyses radiochronologiques réalisées par
lUniversité de Toulouse (résultats accessibles sur le site Web de lIPSN)
confirment lorigine métropolitaine probable des minéraux lourds émetteurs de
rayonnement. En effet, les âges obtenus à partir danalyses réalisés sur le plomb
des minéraux cités ci-dessus (340± 40 millions dannées pour la majorité des
cristaux datés et 590± 60 millions dannées) correspondent aux âges des roches
constituant la chaîne " hercynienne " du Massif Central et des Alpes
(340 Ma). Les âges plus anciens (590Ma) sont également connus en France (chaîne
" cadomienne ") ; ils correspondent à des minéraux hérités de
roches plus anciennes incorporées dans les roches de la chaîne hercynienne.
Si ces données ne permettent pas dassurer
lorigine métropolitaine de la totalité des minéraux présents, elles démontrent
par contre que ces minéraux proviennent essentiellement de lEurope. En outre ces
âges indiquent quune contamination par des grains de monazite importées
dAustralie, principal fournisseur pour la France paraît exclu car lâge de
ces minéraux est supérieur au milliard dannées.
Conditions de dépôts des
minéraux lourds sur les plages du Languedoc
Les minéraux lourds associés aux grains de quartz
(sable) transportés par le Rhône, collecteur majeur des produits érodés du Massif
central et des Alpes se déposent lorsque lénergie du fluide qui les transportent
décroît. Cest ainsi que cest constitué le delta du Rhône (Camargue). Les
reconstitutions historiques de la constitution du delta montrent que, jusquà une
période très récente, le delta était alimenté régulièrement par les sédiments
transportés par le Rhône. Les aménagements réalisés sur le petit Rhône dès le XVIII
siècle puis sur le cours du Rhône essentiellement après la deuxième guerre mondiale
ont profondément modifiés les apports sédimentaires. Cest ainsi que les lignes de
rivages ont subit dimportantes modifications (cf. notices des cartes géologiques à
1/50.000 de Ste Marie de la Mer et Le Grau du Roi, BRGM éditeur).
La suppression des apports sédimentaires provenant
du Rhône saccompagne dune importante érosion des cotes E-W de Camargue. Les
sédiments sont transportés par des courants côtiers, ils appartiennent donc au stock
que constitue le delta, puis vont engraisser les " flèches
sableuses " de la pointe de Beauduc et de lEspiguette. Ces phénomènes
concourent à la concentration des minéraux lourds et sont démontrés en comparant la
cartographie de la radioactivité des plages le long de la côte méditerranéenne
réalisée en 1955 (A. Rivière, note présentée aux Comptes Rendus de lAcadémie
des Sciences du 7 novembre 1955) avec les mesures réalisées aujourdhui. Un
important stock de minéraux radioactifs avait été identifié à lest de Ste Marie
à cette époque. Il a été remobilisé depuis et redéposé à louest. Cette
information historique confirme également la présence de minéraux radioactifs sur la
côte méditerranéenne bien avant le développement de lindustrie nucléaire dans
la vallée du Rhône.
La mobilité rapide des dépôts de plages est un
phénomène reconnu depuis longtemps dans la plupart des milieux littoraux par les
géologues et est régulièrement décrit (cf. la publication récente de L. Chauris,
1995, Radioactivité des sables de plages dans le district à monazite de Plouguerneau
Massif armoricain- Bulletin de la société linnéenne de Normandie, vol. 116, pp.
1-6).
Quelques chiffres permettent dillustrer ces
phénomènes :